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Retraite : vers un gel des régimes complémentaires du privé ?

Retraite : 4,6 milliards de déficit pour les régimes complémentaires du privéRetraite : 4,6 milliards de déficit pour les régimes complémentaires du privé

Après des négociations qui auront duré de nombreuses heures, syndicats et patronat se sont donnés cinq mois pour tenter de sauver les retraites complémentaires.

Lors du premier acte d’une négociation qui en comptera cinq d’ici à mars 2013, il a donc été question de la survie des régimes complémentaires de l’Arrco (pour l’ensemble des salariés du privé) et de l’Agirc (pour les cadres).

"Les discussions seront très difficiles. Les comptes des régimes de retraites complémentaires sont dans une situation catastrophique.", explique Jean-Louis Malys, de la CFDT

Ces deux régimes sont actuellement dans le rouge avec un déficit qui atteint désormais 4,6 milliards d’euros. Pire, les financement viendront bientôt à manquer, et les réserves seront totalement épuisées, en 2017 pour l’Agirc et en 2020 pour l’Arrco.

Si les deux régimes ont pendant longtemps été excédentaires, leurs réserves ont fondu à grande vitesse avec la crise, la montée du chômage et la diminution des cotisations.

Retraite : quelles solutions pour sauver les régimes complémentaires ?Retraite : quelles solutions pour sauver les régimes complémentaires ?

Pour l’instant, c’est donc une solution d’urgence qu’il faut trouver en jouant sur les seuls leviers existants : le niveau des cotisations et des prestations, la durée d’assurance et l’âge de la retraite.

Sur l’âge de la retraite, la CFTC a déjà catégoriquement refusé toute discussion pour préserver la cohérence avec le régime général.

C’est donc du côté des dépenses qu’une solution devrait être trouvée. Le Medef propose d’ailleurs de geler à partir du 1er avril et pour les trois prochaines années, les prestations versées aux retraités. Une proposition qui devrait permettre une économie de 4,2 milliards d’euros en trois ans.

Un scénario où les pensions seraient légèrement revalorisées chaque année pendant 5 ans, mais en dessous de l’inflation, est aussi à l’étude.

Du côté des syndicats, la solution ne plaît pas. "Nous ne pouvons pas accepter les mesures patronales qui auront pour conséquence un effondrement du taux de remplacement", a indiqué Éric Aubin, le représentant de la CGT, qui a quitté la discussion après seulement deux heures de négociations.

Mais c’est une autre proposition qui a provoqué la colère des partenaires sociaux : diminuer de 10 % les pensions des futurs retraités qui partiront avant l’âge du taux plein automatique et ce jusqu’à ce qu’ils atteignent cet âge. Aujourd’hui, il est de 65 ans et passera à 67 en 2022.

Hormis ces deux propositions patronales, les syndicats ont quant à eux suggéré une hausse des cotisations employeurs. Une solution que rejette le patronat, au moins à court terme.

"La question des ressources est pertinente dès lors qu’elles sont affectées à une réforme durable", avait rappelé Jean-François Pilliard, le chef de file de la délégation patronale, il y a un mois.