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Retraite : le nombre de manifestants, mauvais indicateur pour juger la réforme (Moreau)

Retraite : le nombre de manifestants, mauvais indicateur pour juger la réforme (Moreau)Retraite : le nombre de manifestants, "mauvais indicateur" pour juger la réforme (Moreau)

"Quand une réforme ne met pas un million de personnes dans la rue,on dit que ce n’est pas une réforme importante, je dis que c’est un mauvais indicateur", a expliqué la haute fonctionnaire qui s’exprimait devant l’association des journalistes de l’information sociale .

Selon elle, la première réforme des retraites de la gauche à comporter desmesures contraignantes, en particulier l’allongement de la durée de cotisation (à 43 ans en 2035) est une réforme "structurante", davantage que celle de 2010 sous Nicolas Sarkozy.

Mme Moreau a notamment souligné que la réforme touchait tous les salariés, y compris les régimes spéciaux. "La question est de savoir si les principales différences entre les régimes ont été gommées : la réponse est oui", a-t-elle dit, estimant que désormais "les départs très précoces dans la fonction publique et dans les entreprises publiques sont des souvenirs", en raison de l’allongementde la durée de cotisation pour toucher une retraite pleine.

Pourquoi alors n’avoir pas supprimé expressément la possibilité de partir tôt dans les régimes spéciaux et de fonctionnaires ? "Parce que cela aurait consisté à agiter un chiffon rouge, et le gouvernement ne l’a pas fait", a-t-elle répondu, jugeant que cette réforme était à la fois "habile" mais aussi "très concertée".

Mme Moreau a cependant estimé aussi que sa commission et le gouvernement ont mal expliqué la question des déficits à combler, en insistant sur les 7,6 milliards à trouver pour renflouer le régime général d’ici 2020 et en n’évoquant pas les déficits des régimes spéciaux, des fonctions publiques et des régimes complémentaires qui représentent le solde des 20 milliards à éponger.

Cela a pu laisser croire que seuls les salariés du privé étaient vraimenttouchés, a-t-elle expliqué en substance. "Pédagogiquement on aurait dû partir des 20 milliards et non des 7", a-t-elle dit.

A la question de savoir si les retraités sont relativement épargnés par le projet de loi par rapport aux propositions du rapport, Mme Moreau a souligné que si la situation économique et fiscale des jeunes retraités est plutôt satisfaisante, les anciens retraités, eux, ont vu leurs revenus érodés par l’indexation (depuis 1993) des pensions sur l’évolution des prix et non plus des salaires.

Mais, a-t-elle précisé, "il y a des difficultés juridiques à prendre des mesures fines en fonction du niveau des retraites".